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Archivos de Zootecnia

versión impresa ISSN 0004-0592

Arch. zootec. vol.60 no.232  dic. 2011

http://dx.doi.org/10.4321/S0004-05922011000400046 

NOTE COURTE

 

Situation de l'élevage laitier aux Asturies (Espagne)

Dairy farming in the Asturias Region (Spain)

 

 

Barrio de Pedro, J.C.1

1Centro de Estudios del Desarrollo Local y Regional. Universidad de Los Lagos. Chile. josecarlos.barrio@ulagos.cl

 

 


RÉSUMÉ

L'élevage bovin laitier représente près de la moitié de la marge brute agricole des Asturies, et plus du 10% du quota laitier de l'Espagne. Il s'est produit durant les trente dernières années, un rapide processus d'augmentation de taille des exploitations, d'intensification, de spécialisation et de concentration géographique, très marqué par une plus grande dépendance externe (alimentation, emprunts, amortissements, règlements, aides...) et par une moindre flexibilité face aux risques du marché (prix du lait, coûts des aliments et fournitures) et de la transmission des exploitations. Quelle continuité pour cette activité? Disparition, intensification au sein de sociétés ou solutions alternatives (filières de qualité, pluriactivité...)?

Mots clés: Bovin laitier. Système de production. Intensification. Durabilité.


SUMMARY

Dairy farming represents a half of the agrarian gross margin of Asturias, and more of 10% of the milk quota of Spain. During last thirty years it occurred a quick process of increasing size of farms, intensive rearing, specialization and geographical concentration, very marked by a bigger external dependency (feeding, borrowing, depreciations, regulations, subsidies) and by a lesser flexibility facing risks of the market (price of the milk, costs of food and supplies) and of farm transmission. What continuity for this activity? Disappearing, intensive rearing within societies or alternative solutions (based on quality sectors, part-time farming...)?

Key words: Dairy. Cattle production system. Intensive rearing. Sustainability.


 

Introduction

L'économie agricole et rurale des Asturies est constituée d'une diversité de petites et moyennes propriétés, productions, transformations et services, parmi lesquels ceux dérivés de l'élevage bovin en exploitations familiales occupent une place importante. En particulier, l'élevage bovin laitier continue d'avoir le plus grand poids en termes de rente agraire pour les agriculteurs, ou de valeur ajoutée brute pour l'industrie agroalimentaire. Cependant cet élevage est en pleine crise, et on se pose des nombreuses interrogations sur son avenir.

 

Matériel et méthodes

Dans ce travail nous analyserons la situation régionale de l'élevage laitier ainsi que ses évolutions depuis les années 90, à partir de sources statistiques régionales et nationales. Dans ce contexte, nous présenterons les risques et tendances d'avenir liés aux différents systèmes de production de lait, en nous appuyant sur des résultats d'études préalables.

 

Résultats et discussion

SITUATION ET ÉVOLUTIONS RÉGIONALES DE L'ÉLEVAGE LAITIER

L'élevage bovin spécialisé sur la production de lait aux Asturies représentait en 2007 (données INEbase) le 13,6% des exploitations agricoles, le 14,8% de la superficie agricole utilisée (SAU), le 20,8% du travail agricole mesuré en unités de travail annuel (UTA) et le 46,7% de la marge brute de l'ensemble des productions agricoles2 Par rapport à l'ensemble de l'Espagne, le quota laitier assigné aux Asturies concernait en 2004 (SADEI, 2005), 13,2% des titulaires et 10,9% du quota, avec une moyenne de 127,7 tonnes par titulaire c'est-à-dire un 82,1% de la moyenne espagnole.

La tendance régionale de la production de lait (figure 1a et figure 1b) est d'une augmentation spectaculaire de la production moyenne par exploitation, une énorme diminution du nombre de titulaires de quota laitier et une diminution plus modérée du nombre de vaches à traire. Nous constatons donc un processus de considérable intensification: chaque vache produit plus de lait et, surtout, on observe plus de vaches laitières par titulaire de quota. En définitive nous avons de moins en moins de petites exploitations (figure 1c), et les exploitations restantes ont davantage recours à l'alimentation produite en dehors (plus d'aliments achetés par vache et même, par litre de lait) et dépendent de moins en moins de leurs propres surfaces (plus d'Unités de Gros Bétail -UGB- à l'hectare) qui sont, elles mêmes, exploitées plus indirectement (moins de jours annuels de pâture par UGB). Comme conséquence de ces processus, l'élevage bovin laitier perd de sa diversité, ce qui se traduit par la disparition proportionnellement plus élevée d'exploitations mixtes (figure 1d), et par la plus grande spécialisation en termes de système de production, des autres.

 

Les exploitations restantes sont, par ailleurs, de plus en plus concentrées géographiquement vers l'ouest de la région (SADEI, 2005), ce qui produit des effets territoriaux et environnementaux: transformations du paysage (plantations massives d'eucalyptus à la place des pâturages), problèmes locaux de gestion des lissiers, etc.

ASPECTS ÉCONOMIQUES ET DE SUCCESSION

En termes relatifs, l'intensification implique une augmentation considérable des charges variables par alimentation du bétail (concentrés et fourrages achetés) et par fournitures et services vétérinaires (Barrio, 2010; figure 2a). L'intensification entraine aussi (comme conséquence de la croissance en taille des exploitations et de leurs investissements en capital et en main d'oeuvre) une augmentation des amortissements et des remboursements sur prêts, ainsi que des coûts d'opportunité du capital et du travail familiaux (figure 2b). Ces coûts pèsent directement sur la marge brute des productions, creusant finalement les bénéfices des exploitations intensives jusqu'à les rendre parfois négatifs malgré leur différence de revenus bruts par rapport à des systèmes plus extensifs (Barrio, 2010)3

 

Par ailleurs, l'augmentation du capital des exploitations implique qu'une succession en dehors du contexte de la famille soit plus difficile et aggrave la situation de réel manque de candidats, ce qui élève le risque de rupture de l'activité par manque de transmission. Nous pouvons ajouter que l'impact régional de la disparition d'une grande exploitation intensive est plus grand et moins réversible que celui produit par la disparition d'une petite exploitation extensive, aussi bien sur l'aspect social (emploi et vie en milieu rural) qu'économique (production de lait et emplois dérivés). En conséquence de tout cela, et paradoxalement (si l'on considère les objectifs initiaux des programmes de développement agricole), le processus généralisé d'intensification peut signifier une plus grande fragilité du secteur productif dans son ensemble (Barrio, 2010).

QUELQUES CONCLUSIONS POUR L'AVENIR

L'élevage bovin laitier des Asturies, alors qu'il a prétendu converger dans les dernières trente années sur les standards de modernisation et de production des régions comparables de l'Union Européenne, est entré dans une situation de profonde crise de concentration et de reproduction des exploitations. Depuis 2006, les exploitations asturiennes ne sont pas arrivées à produire le quota assigné à la région (620 millions de litres en moyenne), situation qui rejoint une tendance généralisée dans l'Union Européenne ces dernières années, où 18 des 25 pays sont entrés dans des chiffres de sousproductions de quota (Commission des Communautés Européennes, 2007).

Dans cette situation dramatique issue des évolutions préalables, la continuité de la production laitière aux Asturies (et dans des larges régions de l'Union Européenne) va être soumise aux politiques plus ou moins libérales promues aux niveaux européen et national: aides directes découplées de la production puis suppression des quotas à l'horizon 2015, redistribution des fonds des aides agroalimentaires et du développement rural, etc.

L'avenir du secteur sera marqué, à moyen terme, par la confrontation voire la coexistence de trois alternatives:

1. La disparition de nombreuses exploitations. Sur les 3000 titulaires de quota qui restaient en 2008, dont 2400 ayant des exploitations de moins de 40 vaches, il y a des nombreux éleveurs âgés et sans successeur.

2. Le développement des sociétés de production orientées vers des options d'intensification à la vache, à la surface et au travail. Ainsi en 2007, plus du 60% des 430 exploitations ayant 50 vaches ou davantage et produisant 40% environ du lait vendu aux industries (autour de 518 tonnes par exploitation), étaient déjà des sociétés (Barrio, 2010).

3. La préservation et la promotion de l'élevage extensif, en exploitations de moyenne taille ou/et même pluriactives, quoique pour cela il faille faciliter l'accès à la terre à proximité et la commercialisation différenciée de la production, en plus de la pérennisation d'un système d'aides publiques spécifiques. Ceci peut se faire à travers la production certifiée biologique mais surtout, moyennant des labels d'indication géographique ou d'appellation d'origine contrôlée associant des conditions telles que lait de pâturage, zone de montagne et région asturienne.


2Données issues de l'Enquête Structure 2007, rapportées à la population d'exploitations considérée dans l'enquête et à la seule Orientation Technico Economique (OTE) no 41, bovin laitier. Aux pourcentages cités, il conviendrait ajouter ceux relatifs aux éleveurs qui produisent du lait dans certaines exploitations mixtes.

3L'exploitation en système extensif n'est pas forcément contraire à une gestion rentable du processus productif, laquelle dépends surtout des caractéristiques de l'exploitation (dont la disponibilité de terres et la gestion de la main d'oeuvre) et, comme partout ailleurs, d'une certaine stabilité et niveau du prix du lait.

 

Bibliographie

Barrio, J. 2010. La ganadería de leche en Asturias: análisis regional y estudio de casos. KRK Ediciones. 261 pp.         [ Links ]

Commission des Communautés Éuropéennes. 2007. Perspectives de marché dans le secteur du lait et des produits laitiers, COM(2007) 800 final. Bruxelles. 20 pp.         [ Links ]

SADEI. 2005. Las explotaciones ganaderas en Asturias 2004, evolución de las explotaciones y de la cuota láctea. Sect. económicos. 275 pp.         [ Links ]

 

 

Recibido: 19-2-09
Aceptado: 5-5-09.

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